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Thetford Mines : un weekend « balmémorable »

publié le 21 juil. 2016 à 06:03 par Marie-Sophie L'Heureux   [ mis à jour le·5 avr. 2017 à 10:28 par Club Cycliste Cycle Pop ]


Texte : Francis Tessier et Maria-Isabelle Noël

Révision : Marie-Sophie L’Heureux 


Thetford Mines a été la terre d’accueil et le terrain de jeu du Club cycliste Cycle Pop (CCCP) de Montréal les 16 et 17 juillet derniers. Bertrand Huppé, originaire de Thetford, a invité une bonne vingtaine d’amis cyclistes de Montréal à découvrir les charmes de sa ville natale, ses résidents, ses belles pistes cyclables, ses longues et belles routes droites, ses vallons, ses bovins, ses chevaux et sa fameuse pente escarpée de 17 % d’inclinaison ! Bref, des charmes insoupçonnés dans une région que peu de cyclistes connaissaient. 

 

L’hospitalité y a été des plus touchantes. De la dame en haut de la grosse côte à 17 % qui nous a spontanément invités à effectuer une halte chez elle alors qu’elle quittait la maison, aux automobilistes qui s’arrêtaient aux abords des pistes cyclables pour nous laisser calmement traverser la rue, aux commis de dépanneur qui nous jasaient ça et à l’inoubliable Balmoral, ce n’est pas peu dire : Thetford sait recevoir en grand !

 

Au Bal, au Bal moral moral moral ! C’est dans ce motel mi-moderne mi-années 80 qu’on a déposé nos bagages en arrivant samedi, le temps que la pluie cesse. La dernière goutte de pluie tombée, nous avons enfourché nos vélos et englouti les 100 km balisés par le club. La réceptionniste nous a gentiment assigné les chambres. Un bref tour d’horizon et on a vite découvert la belle suite avec son lit king et son bain-tourbillon, la piscine extérieure et le bar La P’tite Grenouille. Dire qu’on n’était pas couchés relevait de l’euphémisme…

 

À 13 h, nous sommes allés réchauffer nos pneus sur l’asphalte encore humide. Merci beaucoup à André Dallaire, membre du club cycliste de Thetford, qui a roulé avec nous les deux jours et qui nous a fait part de ses conseils et de son soutien. Il nous a prévenus qu’en certains endroits, la chaussée était en mauvais état « comme en Afghanistan ». En tant que cyclistes montréalais habitués de zigzaguer constamment pour éviter les cônes orange et les nids-de-poule, nous avons trouvé au contraire que les routes étaient en très bon état, en comparaison... Tout est relatif !

 

« Mettez votre pied à terre quand vous faites vos stops, ici, il y a des quadriporteurs sur la piste cyclable et les policiers sont là, ils surveillent leur monde. On a une forte population de plus de 65 ans par ici… », s’est empressé de préciser André. Trois pelotons de différentes vitesses se sont ensuite formés, et c’était parti ! Nous partions à la découverte de Thetford !

 

La pluie a laissé place à une belle journée douce et ensoleillée, on a plongé dans les paysages verdoyants de la région, lesquels étaient ponctués de belles maisons pittoresques dignes de cartes postales, de mignonnes églises ici et là, de troupeaux de vaches et du gargouillis de la rivière Bécancour, qu’on longeait par moments. Certaines pentes étaient très décourageantes à l’approche, mais c’était tellement beau au sommet et à la descente ! On n’a jamais autant aimé souffrir tout en combinant plaisir et découverte. Au fil de nos randonnées, des gens nous encourageaient même de leur balcon. On ne se sentait pas en visite, mais comme des membres de la famille. Des « gens de la place », quoi ! L’hospitalité de Thetford, disions-nous donc…

 

Cent kilomètres plus tard, nous sommes arrivés, en fin d’après-midi, au stationnement du Balmoral. Et ça n’a pas été bien long que plusieurs se jetaient déjà à l’eau ou s’installaient au bar avec une bonne bière froide… La douche a été délicieuse, le repas copieux, et le party a levé à La P’tite grenouille un peu avant dix heures. On fêtait deux de nos cyclistes dont c’était l’anniversaire, et on n’aurait jamais soupçonné que cette belle gang de passionnés de vélo venait de rouler sous le soleil pendant un bon 4 à 6 heures ! Le karaoké jouait en arrière-plan, entrecoupé de chansons entraînantes. On a dansé en ligne, on a swingé comme dans l’temps du jour de l’an, on s’est offert des shooters, on a trinqué, chanté. Petit à petit, les gens sont allés se coucher. D’autres ont fait la fête jusqu’aux petites heures du matin et certains ont même pris un bain de minuit…

 

Jour 2, dimanche, après un bon déjeuner, c’était reparti pour 88 km de route. André a même invité ses neveux ainsi que Jean Boissonneault, un autre membre du club cycliste de Thetford, à se joindre au peloton. À peine un brin de pluie. Même paysage bucolique, même ambiance bon enfant. Les parents de Bertrand, sa sœur et ses nièces nous attendaient à l’heure du midi avec des supers sandwiches, salades, cupcakes, bonnes fraises du coin et quelques mots d’encouragement. Super ravito familial à la Huppé !

 

On a longé des carrières et des montagnes d’amiante impressionnantes, salué les bovins qui mangeaient allègrement leur foin… et on a pédalé, pédalé et pédalé encore. Avec la journée d’avant, la veillée derrière la cravate et la circulation sur la 112, la journée a été un peu plus éprouvante, mais on a apprécié la courtoisie générale des automobilistes, qui gardaient une distance sécuritaire entre eux et nous, et cela a grandement contribué à la sécurité de tous et au plaisir de rouler dans la région de Thetford. Jamais on n’a été si contents de revoir le panneau familier et tout en grosses lettres blanches : B-A-L-M-O-R-A-L.

 

Certains d’entre nous ont tellement aimé la région qu’ils se sont perdus, ou ont plutôt roulé en mode explorateur pour en découvrir davantage. Une vraie sortie… épique ! Nous serons nombreux à vouloir y retourner !

 

Nous tenons d’ailleurs à remercier le Balmoral pour son incroyable accueil ainsi que le personnel du bar et aux habitués de l’endroit pour nous avoir permis de pratiquer nos talents de chanteurs et de fausser dans la joie et la bonne humeur. À la blague, nous nous sommes même dit que nous resterions ici plutôt que de revenir à Montréal, et qu’on reviendrait chez nous seulement quand le club serait de retour dans la région. Parce que deux jours, ce n’était vraiment pas assez ! Merci Thetford ! À la prochaine épopée cycliste !

 

Une seconde version de ce texte a été soumise au Courrier Frontenac, l’hebdo régional de Thetford Mines.

À chacun son défi

publié le 14 juil. 2016 à 13:49 par Marc-André Genest   [ mis à jour le·21 juil. 2016 à 08:07 par Marie-Sophie L'Heureux ]

Texte : Marc-André Genest
Révision : Marie-Sophie L’Heureux


« Oui, mais moi, je fais seulement l’aller Montréal-Québec, je ne reviens pas le lendemain comme toi, là… »


Cette phrase, que j’ai entendue lors de notre classique annuelle Montréal-Québec de l’an dernier, me met mal à l’aise. Rouler 275 km de vélo en une seule journée est un véritable exploit physique et mental que très peu de personnes osent faire. Cette année-là, j’avais pour projet de faire le retour à vélo, de Québec à Montréal, le lendemain matin. La personne qui a prononcé ces mots comparait son aventure à celle que je m’apprêtais à faire. Savoir que certains minimisent leur exploit personnel en se comparant à moi m’attriste, car la première fois que j’ai effectué cette distance, en septembre 2005, ce défi m’a demandé un effort dont je me souviens encore et qui m’a laissé dans un état de fatigue et de douleur extrêmes. C’était, pour moi, un défi hors-norme dont j’ai été très fier. Je n’aurais pas aimé qu’on minimise mon exploit en me comparant à quelqu’un qui en a fait plus ou qui compte en faire plus.

« Pourquoi je fais ça ?! »

Cette question, je me la suis posée plusieurs fois le premier juillet dernier, alors que je roulais 380 km, vent de face, par-delà les Montagnes Blanches vers Old Orchard avec mon ami Christian (et mon amie Marie-Sophie, qui en a fait un bon bout aussi). Une folie de quinze heures en selle avec près de 4000 mètres de dénivelé. Rouler du lever au coucher du soleil, la belle idée, toi ! Une torture auto-infligée ! Cela m’a permis de retrouver les sensations de mon premier Montréal-Québec. Je n’avais alors pas de réponse à la question « Pourquoi je fais ça ? »

La réponse m’est venue le lendemain. Le rush d’endorphines... lequel a bien duré deux jours ! L’intensité du plaisir dans l’immobilité et le repos. Surtout, le sentiment d’avoir appris quelque chose de moi… La découverte et la connaissance de soi sont des éléments non négligeables dans cette rocambolesque équation. Pour moi, du moins. Donc : pourquoi je fais ça ? Parce que c’est possible ! Et aussi, pour en savoir toujours un peu plus sur moi-même.

Du sport, pas de la compétition

Avec les années, ça devenait de plus en plus important pour moi d’écrire ce billet. Je voulais mettre l’accent sur le caractère sportif de notre beau club. Sportif, pas compétitif! Le sport, c’est une affaire personnelle. C’est simplement de dépasser ses propres limites. On dit ça tout le temps, mais je souhaite que les gens incarnent vraiment cette pensée dans leur vie. On s’en porterait tous mieux si on acceptait qui on est et où on en est, sans se comparer aux autres. Dans tous les domaines, il y aura toujours quelqu’un de plus fort que soi. Et faut pas virer fou avec ça !

Il est facile de tomber dans le piège des comparaisons. On vit dans une société de performance. Mais on a tous des caractéristiques uniques, des qualités, des défauts, des préférences et des limites qui font qu’on est la personne, le sportif que l’on est. En plus, de jour en jour, on n’est jamais la même personne. Il y a des jours où on est en forme, d’autres où on l’est moins. Il peut donc être intéressant de se comparer dans la mesure où cela inspire et apporte une motivation supplémentaire pour nous améliorer, mais pas pour définir sa valeur. On n’aura pas plus de valeur parce qu’on a fait l’aller-retour Montréal-Québec plutôt que « juste » l’aller. Ce qu’il faut valoriser, c’est l’effort, pas le résultat. Vraiment, c’est important. Par exemple, pour quelqu’un qui réapprend à marcher, faire cinq pas sans tomber sera un exploit pour lui. L’effort demandé sera aussi grand que de courir 10 km pour un autre. Ça prend seulement des défis à sa mesure… et à ses envies, surtout !

« Plus vite, plus haut, plus fort »

Au Musée olympique de Lausanne, en Suisse, où siège le Comité international olympique (CIO), on explique que la devise olympique — « Plus vite, plus haut plus fort » — exprime bien sûr l’excellence, mais on précise que cette excellence n’est pas celle qui glorifie la performance ou la victoire, mais celle qui permet de donner le meilleur de soi-même, de progresser, de se dépasser au quotidien, dans le stade comme dans la vie.

Alors... soyez fiers de vous, mes amis ! Soyez fiers de vos efforts, quels qu’ils soient ! Ne donnez pas trop d’importance aux groupes de vitesses, aux kilomètres parcourus, à la puissance, aux résultats… même si, comme moi, il vous arrive parfois d’être des disciples de Strava ;)

Sportivement vôtre,
Marc-André




Un hollandais aux championnats canadiens

publié le 7 juil. 2015 à 11:24 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour le·11 juil. 2016 à 14:15 par Marc-André Genest ]

Simon van Bellen | 7 juillet 2015

C’est jeudi matin et je me dirige vers Thetford Mines en sachant que je ne pourrai jamais gagner le contre-la-montre ni la course sur route du samedi. Ce n’est a priori ni un manque de jambes ou de volume pulmonaire, mais bien un manque de citoyenneté canadienne. Heureusement, les résidents permanents ont le droit de participer, quoiqu’ils ne pourraient pas parader sur le podium. Mais bon, on s’en fout!

En étudiant le parcours du contre-la-montre des semaines à l’avance, j’hésite longtemps quant au vélo à choisir : celui de contre-la-montre, relativement lourd car en aluminium, qui permet une position agressive et donc très aérodynamique, ou bien le vélo de route, avec comme avantage sa légèreté. En plus, j’ai le choix entre une roue pleine ou une roue à rayons, plus légère. Les questions se posent car le parcours est assez particulier. En se fiant à mapmyride on pourrait dénombrer pas moins de 12 côtes pour un dénivelé de 422 m sur 28 km, le tout sur le Chemin des Bois-Francs. Finalement, je tranche pour le vélo de route.

Au départ s’observe la routine habituelle des adversaires, sous leurs tentes, s’échauffant sur des trainers…et tous sur les vélos de contre-la-montre. Pas grave, peut-être qu’ils ne connaissent pas mapmyride et ils n’ont assurément pas eu accès aux informations privilégiées de notre homme du coin, Bertrand Huppé.

Échauffement intense, parce que dans un contre-la-montre, on ne niaise pas : on fonce dès le départ. 13h01, c’est mon tour! Je descends le podium du départ comme un pro, virage à droite, petite descente, et ça monte déjà à 10%. Ouf! Difficile de garder le rythme. Il faut souvent changer de vitesse, ce qui m’oblige à changer ma position parce que les shifters ne se trouvent pas sur mes barres aéro. Vent de face! Il vente fort. Descente, plus grand braquet alors! Et ensuite ça monte, plus petit, spinner, pas sprinter! J’essaie de prendre un rythme, mais il n’y a pas de magie dans le 53-39 fois 11-25, la combinaison du vent et des côtes rend tout effort difficile.

Cette bataille durera 44:57, ce qui me donne le 7e rang au classement. Deux minutes cinquante six secondes derrière le gagnant, mais à seulement 31 secondes du podium. Suis-je content? Peut-être que j’aurais dû prendre l’autre vélo? Ça ne change rien; après demain, c’est la course sur route, j’ai déjà hâte.

Durant les championnats cette année, l’équipe Club Cycliste Cycle Pop vit le luxe de demeurer dans l’hôtel Huppé, où se trouvent une cuisine complète pour la préparation des betteraves; des lits confortables et un garage où l’on peut ranger et ajuster le matériel.


Samedi 5h55: je sors du réfrigérateur la formule magique composée d’une tasse d’avoine trempé dans du yogourt et du lait pendant la nuit. Un beau matin. Il fait 14 degrés; juste correct pour les manches courtes; pas de vent. Départ à 8h30, je suis à la première rangée derrière la ligne. On part et ça reste tranquille. Sept tours de 20 km chacun. Je reste en avant dans le premier tour, avare d’échappées. Mais il ne se passe pas grande chose. Il y a quelques gars de l’équipe ABC, une gang de Scott-Rackultra, des Laferté; s’il y a des échappées, ils s’en occuperont sûrement. Les premiers tours je me laisse alors trainer en arrière, où je trouve Sylvain. On a même le temps de jaser!

Le parcours est assez plat, à la moitié de chaque tour il y a une montée de 200 mètres de long à 4% environ. À la fin, après une descente raide avec des virages, il y a un petit kick à 12%, suivi de quelques virages puis de l’arrivée. Je bois, je mange, je rate une bouteille que Bertrand me tend, mais j’attrape celle de Sandrine. Puis je reste au milieu et en arrière du peloton.

Trois tours de la fin, il y a une échappée : Jérôme Fradette et un gars assez petit. Ils prennent vite une avance et on ne les voit plus. Bon, c’est fait, j’ai l’impression que l’histoire de cette course vient de se terminer, ce sont de bons rouleurs et personne ne les chasse. Un tour et demi avant la fin, à la fin de la petite montée, je me retrouve en avant et je continue sur mon rythme. Je m’échappe moi-même! Les autres ralentissent, j’ai dix mètres, vingt, trente, je regarde derrière et j’accélère. Un gars assez costaud vient vite me rejoindre. On roule fort et, une minute plus tard, un autre s’ajoute, pas mal plus petit. On est trois, 15 secondes en avant! Mais les deux sont vraiment forts, j’ai déjà de la misère à prendre des relais. Je reçois d’ailleurs des remarques là-dessus. Mais je ne peux plus! Je me laisse trainer un peu. Deux minutes plus tard, je me rends compte qu’ils sont coéquipiers. Ça change les choses. Peut-être qu’ils vont me tolérer un peu plus maintenant, du moins c’est ce que j’espère, parce que si on reste en avant, ils n’auront pas trop de misère de me battre à deux.

On passe par l’arrivée, c’est le dernier tour, il reste 20 km. On ne voit pas Jérôme et l’autre échappé en avant, ils doivent avoir une minute d’avance au moins. L’ardoisier nous montre qu’on a 25 secondes d’avance. Puis le petit s’envole. Ce n’est même pas un démarrage : à chaque coup de pédale il prend un mètre sur moi. Impossible de le rattraper. Je regarde derrière moi. Le costaud ne dit rien, il regarde. Je lui demande c’est quoi l’idée, de partir si loin tout seul, le petit doit être fou. Il aurait fallu rester ensemble; à trois, on aurait collaboré pour maintenir notre avance! C’est de la folie, un suicide! Je commence à chasser, mais je ne suis pas assez fort, bien sûr. C’est foutu. Étrangement, le costaud prend des relais, il chasse son coéquipier! Moi, je trouve ça quand même sympa. Mais on se fait rattraper, c’est certain. Je regarde derrière, je vois le peloton, il doit rester une quinzaine de secondes. Quelques kilomètres plus tard, c’est fini. Je me laisse dépasser par le peloton, je retrouve Sylvain en arrière. Plein d’adrénaline, je lui raconte tout. Le peloton ne va pas si vite, je trouve.

Je ne me mêlerai pas au sprint. Trop dangereux, trop sinueux. Et d’accord, je suis un peu fatigué. Il y a deux chutes dans le dernier kilomètre. Je réussis à peine à contourner l’une des deux. Sylvain est juste derrière moi, on franchit l’arrivée.

(Après l’arrivée, j’apprendrai toute l’histoire de cette course: Jérôme et l’autre gars, les échappés, avaient chuté ensemble deux tours avant la fin, dans la zone de ravitaillement, avant même mon échappée. Jérôme avait abandonné. L’autre gars avaient rembarqué sur son vélo et s’était fait rattraper par le peloton ensuite. Ce deuxième gars, c’est le petit qui se retrouvera dans mon échappée ensuite…et qui gagnera la course avec deux secondes d’avance. Alors ce gars-là est une vraie machine et s’appelle finalement Dan Doddy. Et je peux conclure en citant l’auteur de bestseller et ancien coureur cycliste Tim Krabbé : il n’y a pas pire façon de suivre une course cycliste qu’en y participant).

Je fini 24e la course, bien content et premier hollandais dans un championnat canadien.

Résultats Maîtres A


Championnat Canadiens 2015 – résumé des courses féminines

publié le 6 juil. 2015 à 11:45 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 6 juil. 2015 à 11:56 ]

Sandrine Quirion  | 6 juillet 2015

Cette année, les Championnats Canadiens ont lieu à Thetford Mines où une boucle de 20 km (au relief supposément plat, mais pas tant que ça finalement) a été déterminé pour le parcours de la course sur route. Je devrai faire quatre boucles, soit 80 km, pour compléter l’épreuve.  J’ai eu la chance de faire la reconnaissance la veille en compagnie de Sylvain et de Bertrand, je sais donc à quoi m’attendre.

Je prends le départ vendredi matin à 9h00 avec 14 autres femmes, dont 4 sont dans ma catégorie (Maitre E, 30 à 40 ans).  Le départ est lancé, j’essaie de me tenir dans le premier tier de notre mini-peloton qui n’offre pas beaucoup de protection contre le vent qui est omniprésent et qui le restera jusqu’à la fin de la course.  Des attaques sont lancées à plusieurs reprises et tout le monde se bat pour garder sa place.  Nous venons de compléter le 2ème tour, une autre attaque est lancée dans un faux-plat montant avec un vent de face, ça roule fort, je tiens bon, je sais qu’au chemin Caouette, qui est plus raboteux, ça se calmera. Ouf! Petit répit! Nous tournons sur le chemin du Golf qui est ce qui se rapproche le plus d’une côte dans ce parcours.  Une autre attaque sur le devant du peloton, ça explose de partout, le peloton est divisé en plusieurs petits groupes.  Certaines coureuses réussiront à se raccrocher au groupe de tête, mais je ne suis pas assez forte pour les rattraper, je me retrouve en fin de course avec deux autres coureuses, dont l’une qui est dans ma catégorie.  Il reste encore 28 km à parcourir avant la fin de la course.  Nous donnons tout afin de ne pas finir trop loin derrière le peloton de tête.  L’arrivée est enfin presque là, il me reste assez de compétitivité pour qu’à 3km de l’arrivée je parte seule devant, je ne voudrais quand même pas terminer dernière, je prendrai au final 30 secondes d’avance sur mon adversaire.  Mon honneur est sauf!  J’arriverai avec 4:15 de retard sur la gagnante. Ouin… il me reste du travail à faire.  J’apprendrai à la ligne d’arrivée qu’il y a eu une chute impliquant deux coureuses, qui heureusement, n’ont que des blessures mineures et qui ont pu terminer la course.  Je me compte donc chanceuse d’avoir terminer en fin de course et d’avoir pu ainsi éviter le pire!

Le vendredi après-midi c’est la course des Maitres B à laquelle Bertrand participe. C’est également sa dernière course, car il prend sa retraite des compétitions cyclistes! Félicitation à Bertrand! La bière sera bonne!  J’ai un jour de repos le samedi pour me remettre de cette épreuve.  J’en profite pour encourager Sylvain et Simon qui prendront part à la course sur route avec les Maitres A.

 

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Dimanche après-midi, 15h30, critérium féminins des Championnats Canadiens : 22 tours d’un circuit de 1.2 km.  Les catégories de femmes juniors et maitres courseront ensembles et les catégories Maitre E (30 à 40 ans) et maitre F (40 ans et plus) seront regroupées au classement pour la remise des médailles.  J’ai vu la course sur route des juniors féminines et je sais qu’elles sont fortes.  Petits papillons dans le ventre…  Le départ est donné et les filles s’élancent à fond de train sur le parcours.  L’ontarienne qui remportera la 3ème place, lance des attaques féroces sans arrêt.  J’ai bien beau essayé de remonter dans le pack je n’y arrive pas.  Déjà, après seulement 8 tours, je me fait larguer. Ouf, c’est dur sur le moral! Pas grave, je continu le plus fort possible.  À chaque tour j’entends les encouragements de Bertrand et je me rappelle qu’avant de partir il m’a dit ‘Go hard or go home.’  Je choisi Go hard.  Avec 5 tours à compléter, je me fait doubler par le peloton.  - (Contrairement au critérium régulier, puisqu’ici les maitres Femmes et les juniors sont regroupés, mais que le classement est séparé, même si le peloton double une coureuse de catégorie maitre, celle-ci reste dans la course jusqu’au dernier tour. Par contre, elle ne doit pas interférer avec la course des juniors. ) - Je me place donc sagement en queue peloton et je rejoins une autre maitre qui elle aussi s’est fait doubler. Je remarque qu’il ne reste qu’une seule maitre (sur quatre) dans le peloton qui n’a pas lâchée, donc, j’ai encore une chance d’arriver deuxième!  La fille qui était avec moi se fait larguer une 2ème fois par le peloton et je la vois loin derrière. Je tiens le coup, 2 tours à faire, je vois Leslie devant, mon adversaire pour la deuxième marche du podium.  Je finis par la rejoindre au dernier tour. Nous nous regardons et nous savons que ça se finira au sprint. (yé!) Nous accélérons pour prendre le dernier virage qui est à environ 125 mètres de l’arrivée, juste avant de tourner changement de vitesse,  j’ajoute des dents pour l’attaque finale.

À la sortie du virage je suis déjà debout sur mon vélo, nous sommes côte à côte je pousse de toutes mes forces, je lance un cri digne d’une joueuse de tennis à la ligne d’arriver.  Il nous faudra attendre la ‘photo finish’ pour savoir que j’ai remporté ce sprint me hissant sur la deuxième marche du podium. 

Encore une course remplie d’apprentissage et de ‘notes à moi-même’. 


Je termine avec ce conseil à toutes les femmes qui aimeraient faire de la course, mais n’osent pas.  L’année dernière, j’étais très loin du podium, je n’ai pas terminé toutes mes courses et j’étais souvent très loin du peloton et seule.  Persévérance et entrainement m’ont permis de m’améliorer, mais aussi tous les conseils des autres femmes qui couraient avec moi, car l’expérience est ce qui améliore le plus les performances.  Il y a une belle solidarité et complicité entre les maitres femmes dans le circuit de course féminine au Québec.  Par contre, il y a de moins en moins de femmes qui participent aux courses dans la catégorie maitre, souvent par peur de ne pas être assez bonnes.  Je vous encourage toutes à en faire l’essaie pour que le sport cycliste et les courses continuent d’exister.  Oui, c’est difficile, oui il y a parfois des chutes, mais pas plus que dans une cyclo-sportive ou même une randonnée de club.   Si vous êtes le moindrement compétitive, vous vous relèverai, vous vous entrainerez fort et vous adopterez ce sport merveilleux.


La Coupe des Amériques: Vélo et météo

publié le 30 juin 2015 à 12:39 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 30 juin 2015 à 12:59 ]

Sandrine Quirion  | 30 juin 2015

La Coupe des Amériques est une course par étape comportant un contre-la-montre d’environ 13 km une course courte de 35 km pour les femmes et l’étape finale, la course sur route de 108 km.  Je m’y rends avec mes co-équipiers en espérant améliorer mes résultats de l’année dernière.


Je suis la première à prendre le départ samedi matin pour le contre-la-montre à 8h04 (ouch).  Le matin du départ, je tâche de ne pas faire trop de bruit pour ne pas réveiller mes co-équipiers qui ont la chance de partir plus tard!  Petit réchauffement et hop, me voilà bien plantée sur la ligne de départ avec le meilleur ‘teneur’ de vélo du Québec entier, un costaud qui tient parfaitement le vélo à une seule main et permet un départ parfait.  Ça se passe assez bien, mais bon, manque d’expérience, je trouve que l’effort est difficile à gérer, je suis partie un peu trop fort. Je dépasse deux personnes, mais je me fais également dépasser. Je me retrouve tout de même sur la 2ème marche du podium à 1 minutes 3 secondes de la meneuse.


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La course courte de 35 km pour les femmes est le samedi après-midi. Je retourne donc me reposer un peu avant cette épreuve qui est toujours intense.  Puisque les Maitres D (hommes de 60 ans et plus) et les femmes sont peu nombreux, les catégories sont jumelées au départ.  Après concertation avec toutes les femmes, nous décidons de laisser les hommes partir dans la première côte, question de faire notre propre course. Les bosses passent, je tiens bon, dans la longue descente qui nous ramène sur la route principale, je dois avouer que la vitesse me fait un peu peur !!  Nous volons littéralement au dessus du chemin de fer et c’est reparti de plus bel pour le 2ème tour !  Si le premier tour était difficile, ouf, le 2ème faisait encore plus mal ! Nous nous retrouvons toutes de l’autre coté des bosses en route vers l’arrivée.  En cours de route, deux hommes se sont intégrés à notre peloton.  L’arrivée est devant nous, je trouve la bonne place dans le peloton pour le sprint.  Et voilà qu’à 1 km de l’arrivée, les deux hommes dans notre peloton passent devant et accélèrent, ceci chamboule l’ordre naturel des choses, je m’accroche, je m’accroche, mais j’explose à 200 mètres de l’arrivée et je termine finalement au sein du peloton. Nous finissons tous groupés, je me prends la 3ème place sur le podium et avec l’arrivée de masse, je garde ma 2ème place au classement général.  J’ai fait déjà beaucoup mieux que l’an dernier, je suis bien contente !  Au repos, demain, grosse journée au programme avec les 108 km de la course sur route agrémenté de Joy Hill et Maple en fin de course.

Dimanche matin, 6h30, il pleut, il pleut beaucoup et il fait froid… Je n’ai aucune co-équipière sur la ligne de départ, Chantale étant blessée, Zoé en Afrique et Christianne traitant sa tendinite, je sais qu’il me faudra utiliser la force du mentale aujourd’hui! Cette année, je termine, coute que coute ! J’enfile mon maillot, ma veste, je me beurre les jambes allègrement de crème à chamois pour que l’eau n’atteigne pas ma peau et je me rends à la ligne de départ avec mes craintes : est-ce que je vais avoir froid, est-ce que le peloton va être super nerveux, est-ce que je serai capable de monter les côtes et de rester dans le groupe? Prête pas prête, j’y vais!  Le départ est lancé. Encore une fois un peloton regroupant Maitre D-E-F. Habituellement, quand les catégories femmes et hommes sont mélangées, il peut y avoir des petites frictions, mais pour cette course, tout le monde a été courtois et surtout prudents.  Dès que le peloton atteint les bosses de la rue des Églises, je sais que je n’aurai pas froid pendant la course !  Je prend plusieurs tours devant, je me sens super bien, j’ai les jambes relativement fraiches.  On passe le ravito, merci à François-Xavier et Cynthia de votre présence !! C’est rassurant de vous savoir là!  Ça y’est, JoyHill, la redoutable, est devant moi.  Je me place devant car je sais qu’inévitablement, je glisserai vers la queue du peloton.  Je force, je souffle, je grogne, mais rendu au ¾ je n’en peux plus et je laisse le peloton filer, trop longue cette côte !  J’essaie de chasser, mais je me suis explosée les cuisses et j’ai laissé plusieurs cartouches dans cette montée.  Leslie me rattrape un peu plus loin et nous nous relayons pour tenter de déjouer le vent qui nous épuise depuis notre arrivée sur la 139.  Enfin, Maple, ce qui veut dire que la fin de la course est proche.  Nous entamons la montée, j’ai mal, ça fait longtemps que je n’ai pas eu mal comme ça, mais je dois terminer avant Leslie pour pouvoir garder ma place au classement. À 1km de l’arrivée, je vois mes co-équipiers et mon amoureux qui m’encourage comme si j’étais au Tour de France. La fatigue, la joie d’arrivée, de voir mon amoureux, la douleur, le vent et les bourrasques, ça commence à faire beaucoup d’émotions à gérer ! Bon ! Je braille ! Et en plus, devant la photographe !  J’espère que ça ne paraitra pas trop sur les photos…  Enfin, la ligne d’arrivée !  Je me retourne, Leslie est disparue, je sais donc que je serai 2ème derrière Julie, petite joie !  Au final, je serai arrivée 3 minutes 36 secondes derrière la meneuse sur la course longue, pas trop mal.

Je suis heureuse d’avoir complétée cette course et de ramener un tas de médailles et beaucoup d’expérience chez moi !  Merci vraiment aussi à tous les bénévoles extraordinaires sans qui l’événement ne serait pas le même.  J’espère que les femmes seront plus nombreuses l’année prochaine à venir tester leurs capacités dans ces parcours de toute beauté !



Tous les résultats


L’art presque perdu de bien bonker*

publié le 30 sept. 2014 à 08:03 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 30 sept. 2014 à 08:07 ]

(*ou de frapper un mur, si vous préférez)

Par Claude Dallaire | 30 septembre 2014

Après une longue sortie avec le club, quoi de plus ennuyeux et ordinaire que d’arriver suffisamment hydraté et bien repu. Soyez rebelle ! Démarquez vous du lot ! Apprenez à bien bonker ! Voici comment y parvenir.

Le jour de la sortie, évitez de vous lever trop tôt. Vous risqueriez d’avoir le temps de vous préparer deux œufs brouillés gratinés de cheddar, ou pire encore, de vous enfiler deux ou trois crêpes de sarrasin peinturlurées de mélasse.

Si par malheur il vous reste un muffin à portée de la main, éviter de l’avaler. Ça pourrait vous couper l’appétit. Ne commettez surtout pas l’erreur de le glisser dans la poche arrière de votre maillot CCCP. Il pourrait s’émietter. Et nous savons tous qu’hormis la mort et les impôts, rien n’est plus fâcheux en ce bas monde qu’une poche pleine de graines.

Une fois insuffisamment sustenté, préparez vos bidons. Pardon ! Je voulais dire votre bidon. Les néophytes en bonkage ne s’en souviennent pas assez souvent : deux bidons c’est bien ; un c’est mieux.

Si la journée s’annonce particulièrement chaude et humide, ne mettez pas de glaçons dans votre bidon. Vous en aurez besoin pour votre mojito de récupération de retour à la maison. Si vous y pensez, oubliez de remplir votre bidon plus qu’à moitié. Avec pas d’eau fraîche, bien entendu.

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Pour vous assurer de bien cramer, ne lestez pas inutilement votre maillot de barres énergétiques. Leur poids cumulatif pourrait vous ralentir lors de vos relais BTL* (Beaucoup Trop Longs).

Commencez votre sortie en mettant toutes les malchances de votre côté. Attachez votre mauvaise volonté avec de la broche en choisissant un groupe de rouleurs une coche au-dessus de vos capacités.

Au moment de prendre votre relai BTL, ajoutez une bûche dans votre Garmin. Augmentez la vitesse homogène du peloton de 2 à 3 kilomètres à l’heure en partant. Si vous êtes confrontés à un vigoureux vent de face, faites encore pire : augmentez virilement la vitesse de 4 à 5 kilomètres à l’heure. Après tout, vous êtes un homme ! Un vrai ! Votre monture a beau être en carbone, vos cojones, elles, sont en titane et au moins aussi volumineuses qu’une paire de dômes géodésiques de l’île Sainte-Hélène.

Après votre effort exhibitionniste, réintégrez l’arrière du peloton. Ne vous ménagez pas. Les premiers 50 kilomètres sont cruciaux dans l’atteinte de votre objectif d’être au moins semi-brûlé. Aussi, accumulez les relais BTL comme si votre mort en dépendait. Dès que vous sentez la fatigue poindre, bannissez les mots « Moins un » de votre vocabulaire. Ne vous ai-je déjà pas dit que vous n’êtes pas un biscuit à la guimauve ?

Durant cette période d’efforts démesurés, soyez respectueux et indulgents envers vos collègues cyclistes qui respectent leurs capacités. Les pauvres ! Ils n’ont pas encore maîtrisé l’art de bien bonker ! Les voilà qui s’hydratent avant d’avoir soif (ha ! la belle affaire !) ou qui s’empiffrent préventivement de galettes de riz-dicules! Faites preuve de circonspection. Ils ne savent pas ce qui ne les attend pas.

Un premier arrêt est habituellement prévu dans un peu moins de deux heures. Vous aurez donc insuffisamment de temps pour mal vous restaurer lors de cette première pause. Inutile de boire de petites gorgées d’eau tout au long du parcours. Vous respecterez ainsi votre indice de déshydratation. Si tout se passe mal, vous devriez arriver au dépanneur sans trop de facilité.
Pendant que vos camarades zélés font bêtement la file devant la porte des toilettes pour aller pisser leur trop plein de liquidités, précipitez vous au présentoir des produits salés qui tachent les doigts en rouge-orange. Privilégiez les sachets d’arachides malveillantes au BBQ ou les sacs de croustilles aux épices volcaniques radioactives.

Gâtez vous ! Si le haut-le-cœur vous en dit, investissez votre restant de screening dans une grosse chiquée huileuse de Beef Jerky. (Il en traîne toujours un paquet périmé près de la caisse enregistreuse, commodément placé quelque part entre les porte-clefs Têtes à claques et les bonbons surannés Hello Kitty.)

Vous augmenterez ainsi vos chances d’avoir la langue aussi sèche que la peau d’un djembe. En plus d’être facilement indigestes, ces produits possèdent l’inconvénient d’afficher un taux de sodium stupéfiamment stratosphérique. Ils constituent une maldonne indispensable pour satisfaire votre envie de bien bonker.

Si vous y pensez avant de repartir, oubliez de changer l’eau marécageuse au parfum de polymère de votre bidon par de la mauvaise eau fraîche. Vous éviterez ainsi de retarder indûment votre bonkage imminent.

De retour à l’avant du peloton, poursuivez votre série de relais BTL durant une autre bonne heure gueule ouverte, gorge asséchée. Soyez confiant. Plus ça ira, pire vous vous sentirez. Avant longtemps, vous vous ferez enfin larguer par le peloton. Vous pourrez bientôt vous baigner dans le même sentiment de béatitude que celui de l’homme à la mer qui vient de passer par dessus bord et qui regarde son navire de croisière poursuivre allégrement sa route…

Ne soyez pas dupe ! Le reste du peloton ne se doute encore de rien. Il est donc inutile de signaler votre naufrage à l’avant dernier collègue. Laisser votre joyeux cortège bien huilé s’éloigner jusqu’à devenir petit. Tout petit. De plus en plus petit. Tout petit, tout petit, tout petit

Excelsior ! Pour votre plus grand bonheur, rien ne va plus ! Vous entendez le tambourinage rassurant de votre cœur survolté battre à travers vos tempes dégoulinantes de sueur. Votre langue blanchie et boursouflée peine à hydrater les parois arides de vos lèvres écumeuses. Votre babine supérieure adhère à vos palettes exposées au vent chaud. Vos glandes salivaires sont en rupture de stock.

Votre carcasse ne répond plus. Votre dos s’arrondit. Vos jambes se sentent aussi flasques que la gorge déployée de notre ministre de la santé.

Vous n’avez qu’une seule envie : vous étendre sur l’accotement et attendre que votre blonde vienne vous chercher, la moue compatissante, dans sa belle Golf réfrigérée. Mais votre amoureuse est chez Winners, son portable est en mode vibration et son attention est résolument détournée par un objet décoratif tout à fait onéreux et absolument ostentatoire.
Qu’à cela ne tienne ! Vous avez atteint votre objectif ! Vous êtes bonké d’aplomb!

Tôt ou tard, vos camarades cyclistes se seront aperçus de votre absence et vous attendront. Ils auront vite fait de constater votre état mais ne sachant pas trop comment bonker,  ils ne pourront faire autrement qu’espérer un jour vivre une telle expérience.

Sachez faire preuve d’humilité. Vous n’êtes pas meilleurs qu’eux.

Avec un maximum d’efforts et un peu de mauvaise volonté, n’importe qui peut bonker.



La vie est un sport dangereux

publié le 11 juil. 2014 à 12:26 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 11 juil. 2014 à 13:14 ]

Marie-Sophie L'Heureux @mslheureux | 11 juillet 2014

C’était un beau soir de juillet. Il faisait frais, le vent était doux, le temps était bon, le ciel était bleu. J’avais deux amis qui étaient aussi des amoureux, mais ça, c’est autre chose. Un soir où tout aurait dû se dérouler normalement. Comme sur des roulettes. Comme sur un vélo. 

Ils étaient six, dont la belle et fière Véronique, en fin de peloton à ce moment-là. Un peloton qui traversait dans les règles de l’art cycliste, au terme d’une dynamique randonnée, une intersection de la Rive-Sud.

Malheureusement, parfois, même en suivant les règles de sécurité à la lettre, même en écoutant religieusement les conseils de Bob, des chefs ou de Pat Dion à Rad-Can, même en regardant devant, derrière, de côté et par en dessous, le hasard fait vraiment mal les choses. 

Véronique, notre brillante grimpeuse, a été frappée par un véhicule. J’omets le rappel des détails scabreux de l’accident ou les gros mots que j’aurais eu envie de hurler à ceux que j’aurais voulu pointer du doigt.

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Ça n’apporterait rien, parce que parfois, le vrai responsable, c’est juste le bête, le dirty-comme-la-bouette de hasard. Les choses arrivent. Les choses surviennent. Malgré toutes les précautions du monde. Même quand tu allumes tes lumières. Même quand tu portes ton casque. Mais quand tu portes ta vraie fausse dent de requin autographiée par Brice de Nice lui-même. Même quand tu te fais tatouer I make my own luck sur le chest. Non. Tu ne fais pas toujours ta luck, dans la vie. Parce que ta luck, elle ne dépend, quoi que t’en dises, pas juste de toi (accessoirement, veux-tu bien me dire pourquoi tu te tatouerais I make my own luck sur le chest ?)

Certains diront que certaines conditions favorisent les accidents : l’absence d’attention, de vigilance des automobilistes, la nonchalance de certains cyclistes, les infrastructures routières, la température, la police qui ne sévit pas de façon assez pertinente auprès de tout un chacun, le fait que Stephen Harper soit notre premier ministre ou que Denis Coderre se noie jusqu’à plus soif dans la Twittosphère…

Mais c’est un accident.
Un accident.
Un mélange de pur hasard et de risques devant lequel on est tout sauf puissant.

Un foutu de mauvais timing. Le timing détermine bien des choses, n’en déplaise aux control freak. La vie est un accident. L’amour aussi est un accident (n’en déplaise aux addicts de Tinder, de Zéro Contact, POF et les autres), mais bon, je m’égare…

Les choses importantes que l’on vit ou traverse sont souvent des accidents placés sur notre route. On ne contrôle pas ça. On peut augmenter les « risques de » ou les « chances de », mais au final, on ne contrôle pas grand-chose.

La vie, c’est comme une fille qui ne peut plus s’arrêter de jouer sur sa X-BOX ou un gars qui pète une crise de jalousie : c’est incontrôlable. 

***

L’accident. Le putain d’accident. 

Nous sommes arrivés sur place, moi et mon groupe, peu de temps après le fait. Nous sortions de l’aéroport de Saint-Hubert, un peu fatigués du Sommet Trinité, mais quand même heureux. Heureux comme des cyclistes aux pattes repues, en route vers leurs crottes de fromage du mérite et leur bière blonde du devoir accompli.

Nous avons d’abord vu le bouchon à l’intersection. Nous nous sommes rapprochés lentement, puis avons aperçu les voitures de police. Puis l’ambulance. Puis, là, ô mauvaise surprise, des membres du CCCP debout, leurs vélos en plan, de l’autre côté de la rue. Puis, le vélo. Là. Juste là. Sur la chaussée. En miettes. Des miettes turquoise nourrissant de stupeur nos yeux et nos cœurs.
À la vue du vélo et de nos comparses de l’autre côté de la rue, le sang de tout le monde n’a fait qu’un tour.
QUI ? QUI ?! nous demandions-nous tous.
 

Pantois de constater que ce vélo en poudre appartenait à un des nôtres, notre groupe a traversé l’intersection et s’est rangé sur le côté. L’ambulance quittait les lieux. On s’est précipité vers Geneviève et Karen, hébétées, qui faisaient toutes deux partie du même peloton que Véronique, avec Yves, Annie et Laurence. Leur sang-froid m’impressionnait, mais je savais que c’était aussi le choc total pour chacun d’entre eux.

Les miettes de vélo, les miettes de joie en carbone laissaient présager le pire.
Pouvait-on survivre à pareil impact ?
On craignait fort pour la vie de Véronique.

Une des nôtres.
Une des nôtres allait peut-être mourir, là, ce soir.

Ou dans les prochaines heures.
Mourir de « ça » ?

Mourir à cause… du vélo ?
Ben voyons donc !

Ça avait aussi peu de sens que d’imaginer Don Cherry devenir le coach d’Eugénie Bouchard!

***

Qu’est-ce qui arrive quand on pense que quelqu’un d’aussi près de nous, ne serait-ce que dans le fait d’être cycliste, passe à un cheveu de mourir ?
Ben on pense à la mort.
À sa propre mort.

Tsé, là, c’te mort-là, celle à laquelle on évite de trop penser, tout absorbé qu’on est par la pose de la nouvelle céramique de sa nouvelle cuisine ou par le regard mauvais de la secrétaire du conseil exécutif du Chœur des Vieilles Casseroles de Pointe-aux-Trembles, frustrée qu’on n’ait pas daigné répondre au courriel détaillant le dernier procès-verbal ?
C’te mort-là à laquelle on ne pense pas.

On se dit, tous, sans exception : « Merde ! Ç’aurait tellement pu être moi! »
Encore plus quand on constate visuellement les dégâts, mais qu’on ne « sait pas » dans quel état est la victime.

Encore plus quand on a déjà vécu un grave accident, à vélo ou ailleurs.
Encore plus quand on est témoin direct d’un tel accident.

Yves. Laurence. Annie. Geneviève. Karen.

Et là, on capote un peu. Parce qu’on réalise dans toutes nos fibres musculaires et nerveuses qu’on n’est pas grand-chose.
Qu’on est rien.
Que tout peut s’arrêter d’un coup.

Qu’on pourrait, en un claquement de doigts, ne plus jamais voir le voisin arroser son asphalte.
Qu’on pourrait, en une seconde et demie, ne plus jamais goûter à une seule chip Miss Vickie’s Lime et Poivre en riant gaiement à côté du dèp.

Qu’on pourrait ne plus entendre la voix portante de Marc-Antoine Desjardins ou celle pleine de gaité de Marie-Ève Daunais.
Ou pire, qu’on pourrait ne plus goûter au saumon BBQ de Bob.

Qu’en à peine le temps de le dire, on pourrait ne plus jamais revoir le visage de la personne qu’on aime le plus au monde.
Là. Bête de même. Juste de même.

Un gros stop existentiel en néon qui te flashe dans la face.

Avec juste un Salut, bonjour, bye and that’s it.
Parfois sans.

Et là, on capote encore un peu plus les heures ou les jours suivants, parce que, tout en pensant beaucoup à la victime de l’accident et à ses proches, tout et en lui insufflant toutes les ondes positives du monde, tout en essayant de se concentrer surtout sur elle, la plus mal en point de la gang, on se met souvent à se poser des questions ben deep sur soi, au détour d’une assiette qu’on essuie ou d’une hésitation entre deux boites de céréales contenant beaucoup trop de glucose-fructose à l’épicerie :

  • OK, bon. Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi dans ma vie ?
  • Qui est important pour moi ?
  • What do I got else that I could lose and that matters the most to me ?
  • Devrais-je rester dans ce job qui ne me fait plus vraiment de bien à part celui d’épaissir modestement mon portefeuille ?
  • Ai-je bien fait de mettre la hache dans la relation avec mon ex ?
  • Voulais-je vraiment ça dans la vie, un condo, moi ?
  • Est-ce que j’aurais dû demander à la belle brune là-bas avec son casse lette d’accepter d’aller prendre un cocktail rose nanane avec moi ?
  • Est-ce que moi et mon très beau casse aurions dû laisser une chance à ce gars qui a pris tout son courage à deux mains pour nous proposer d’aller boire un cocktail rose nanane ?

On oublie tout à coup que sa voiture est au garage et que le mécanicien a fait des « ajustements » non requis, que son patron est un imbécile fini qui ne comprend rien à l’optimisation des processus, que le taux d’intérêt de notre hypothèque a monté plus que prévu ou que la maudite machine à café que notre belle-mère nous a donné à Noël fonctionne finalement pas yable même si elle est ben ben design 

On oublie ce qui n’importe pas.
On pense alors juste à ce qui compte.
Et ça rentre dedans.
 

Si l’impact physique et psychologique sur la personne couchée dans l’ambulance puis dans son lit d’hôpital est bien réel, on serait fou de penser qu’il est en revanche irréel pour « les autres », ceux qui n’embarquent pas dans l’ambulance et qui restent là, à faire des dépositions, à brailler un coup et à constater ce qui vient de se passer.
Voir son confrère ou sa consoeur se faire frapper, c’est aussi un peu se faire frapper soi-même. Si ce n’est pas direct dans nos fémurs, la vélocité de l’impact va en revanche droit au cœur de tout le monde.

C’est pourquoi en ces moments pareils, où tout le monde est un peu traumatisé par la chose à différents degrés, et où le monde est de plus en plus virtuel et individuel, il est si important de se serrer les coudes. D’être, de devenir ou de redevenir une communauté. D’être cette microsociété qui se soutient à bras le corps, même si on n’est pas fait pour aimer tout le monde et même si on n’est pas aimé de tout le monde non plus. Même si parfois, on ne se connait juste pas. 

On rêve souvent dans la vie d’un être unique qu’on aime et qui nous aime plus que tout. Mais cet être unique peut aussi être un groupe, parfois. C’est parfois même mieux.
Pour éviter l’angoisse, l’anxiété, la peur de vivre, la peur de mourir, la peur d’être trop fragile, la peur d’exister, le groupe peut encore être le lieu de tous les vécus et de tous les possibles. Le lieu de toutes les solidarités.

Une auteure médecin du magazine auquel je me consacre en semaine rapportait, dans un de ses textes, qu’Ésope, fabuliste de la Grèce antique, aurait signé la fable « Les quatre taureaux et le lion ». On y dit que si le lion peut tuer aisément un taureau, il ne s’y frottera pas si quatre taureaux s’unissent pour lui faire face et se défendre.

La mort est un lion. Le danger est un lion (fredonnez maintenant awim-bawé awim-bawé pour une version moins drama de ce texte…)
Il n’en tient qu’à nous de rester forts et unis face aux deux.
Soyons des taureaux.

Des taureaux à vélo.
Ne nous laissons pas intimider par les horreurs que cache parfois le hasard.

Quand le hasard sort une cochonnerie de sa manche gauche comme Luc Langevin sort une colombe ou une fourchette de son chapeau (même si Luc Langevin N’A PAS de chapeau…), faisons-lui le plus grand tour de passe-passe inimaginable de tous les temps pour le désarçonner : vivre.
Vivons. Et vivons fort.
 

Oui, le vélo est un sport risqué.
Mais la vie l’est aussi, risquée. Même sans le vélo.
Pourtant, la vie, c’est aussi la plupart du temps le plus bel accident qui soit.

Et si la vie peut être belle, la vie à vélo peut continuer à l’être tout autant.
À vélo comme dans la vie, ne soyons pas juste des témoins.

Ne restons pas là, apeurés et pantois. N’en restons pas là.
Soyons-le un temps, mais pour le beau et surtout pour tout ce qui est si bon – le dépassement de soi, les amitiés fortes, les amours en pointillé, les muscles qui travaillent fort, les têtes qui créent, les joies qui nous emballent, les gourmandises de la vie – continuons de rester les personnages principaux de nos vies.

Ne restons pas que des témoins.

À vélo comme dans la vie, tout cela en vaut la peine.
Même si la peine pèse parfois lourd, ça en vaut vraiment la peine.
Célébrons la vie que Véronique, notre belle dentiste CCCpiste, peut encore vivre de toutes ses forces. Malgré la peur. Malgré le choc.

Malgré la conscience de notre fragilité.
Et roulons.

Roulons, roulons, roulons, en peloton ou non.

Pour elle, pour lui, pour vous, pour moi, pour nous, pour lui, pour eux, pour elles, pour Bob et pour tout le CCCP, soyons les KOM et QOM du plus beau tronçon Strava de la route de nos existences (poétique, hein ?) : celui sur lequel on embarque ici, maintenant, toujours et tout le temps.
Right there, right now, a Garmin in my face and a beer in my hand (
euh non, on a dit pas de pitonnage!)
On est là. On existe encore.

Capotons un peu là-dessus un bref instant.
Capotons comme les p’tites-filles capotent quand elles voient Marie-Mai au Centre Bell et soyons – plain and simple – heureux d’être tous encore en vie.
 

Toutes nos pensées vont vers toi, Véronique (à toi, mais aussi à tous ceux qui se sont pété la gueule cette année)!
Tu pourras assurément compter sur nous pour t’accueillir à nouveau quand tu nous reviendras. Sois forte, sois courageuse, aie confiance.
Le temps, tes proches, les docteurs et leurs équipes, se chargeront de t’arranger tout ça.

Tu verras.
On t’accompagne en gestes et en pensées dans cette immense épreuve.

Pis on t’embrasse.

Parce que le CCCP, c’est pas juste des bons cyclistes.
C’est aussi du ben bon monde.

Awim-bawé-awim-bawé.

La Coupe des Amériques, ou la coupe des petites victoires

publié le 4 juil. 2014 à 08:04 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 4 juil. 2014 à 08:09 ]

Sandrine Quirion  | 4 juillet 2014

C’est par un vendredi soir ensoleillé que l’équipe CCCP se rend à Sutton pour  participer à la Coupe Des Amériques, course réservée uniquement aux maîtres (30 ans et plus).  C’est aussi une course à laquelle participe plusieurs Canadiens et Américains et pour laquelle le classement se fait obligatoirement par catégorie d’âge, contrairement aux catégories de la Fédération qui prend en compte l’expérience et le niveau de chacun.


Crédit photo: Martin Landry

Prologue, ou la montée

Sylvain, Bertrand, Zoé, Chantale et moi-même sommes prêts pour le prologue qui consiste à une course de 17km qui commence sur la montée Maple et termine sur la rue Réal.  Pour Bertrand et Sylvain, tout se passe bien.  C’est maintenant le départ des filles, de mon côté, je prends une roue et je la suis sans relâche, jusqu’au dernier kilomètre ou mes jambes crient à l’aide. Je la laisse donc filer.  Pour Zoé, elle a encore des souvenirs de WhiteFace dans les jambes! Elle s’en tire tout de fois très bien.  Chantale quant à elle, est toujours en récupération du Ironman 70.3 qu’elle a réussi avec brio le dimanche précédent.  Nous arrivons donc au 7ème (Chantale), 8ème (Sandrine) et 9ème (Zoé) rang pour cette première épreuve.

Crédit photo: Martin Landry

Contre-la-montre

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Samedi matin, trop tôt, nous nous levons pour le contre-la-montre de 13km.  J’ai de nouvelles barres aéros sur mon vélo et enfin, les dimensions entrent dans les règles de l’UCI! Je pourrai enfin avoir un avantage contre le vent!    Les départs sont donnés en ordre d’arrivée de l’étape de la veille, à partir du dernier.  Les filles de l’équipe partons donc une derrière l’autre.   Je pars tout juste derrière Zoé,  je la vois au loin, nous gardons une distance constante entre nous deux.  Elle dépasse une autre participante, ce que je fais aussi, la distance se rétrécie entre nous.  Chantale me dépasse, ce qui me donne un petit boost mentale, je pousse un peu plus fort.  Elle se rapproche de Zoé et moi aussi.  À un moment, nous sommes toutes vraiment proche Chantale devant moi et Zoé en formation triangle pour ne pas se protéger dans la draft question de ne pas se faire éliminer!  Nous nous retrouvons à passer le fil d’arrivée très près les unes des autres.  C’est ma meilleure performance au contre-la-montre.   Chantale est au 4ème rang, moi au 6ème et Zoé au 8ème.
Bertrand est fidèle à lui-même et égal son temps de l’an passé. Pour Sylvain, c’est une première fois, son premier contre-la-montre qu’il finit avec une moyenne de 38.5km/h. Impressionnant!
Notre constat à tous sur le retour; hé ben, c’est un beau faux plat montant ce contre-la-montre là!!


Crédit photo: Martin Landry

Crédit photo: Martin Landry

Course courte sur route

On retourne se reposer au chalet avant la course courte sur route.  Pour les filles, l’épreuves consiste en 2 tours de 17.5 km avec 1000 mètres de dénivelé en tout.  Le départ est donné, Zoé se retrouve en avant jusqu’à la première côte où elle cède sa place.  Il y a trois bonnes bosses à passer avant d’arrivée à la descente et à la route assez plate qui nous ramènera à la ligne d’arrivée pour le 2ème tour.  Je pousse vraiment fort et je réussis à rester avec le peloton. Je suis vraiment contente de moi.  J’essaie de me positionner dans le 1er tier du peloton pour être bien positionnée lors du 2ème tour.  Soudainement, je ne sais pas comment, je me retrouve à tirer, j’essaie de laisser ma place, mais rien à faire, personne ne veut tirer! Je reste donc en avant à prendre du vent jusqu’au 2ème tour.  Je passe la première bosse de peine et de misère. À la deuxième, je décroche au milieu après 22 km et je vois que deux autres filles ont décrochées dans le haut de la bosse. À Go je les rattrape! Mais elles ne se laissent pas faire. J’ai beau pousser, la distance entre nous reste la même.  Je les rattrape presque dans la descente, je les vois se retourner pour voir si je suis proche ou pas.  Je leur ai pris leur place au général dans le contre-la-montre et j’ai comme l’impression qu’elles se mettent à deux pour ne pas en perdre plus.  J’ai donc  terminé la course courte dans le tapis et toute seule, mais vraiment contente d’avoir passé le premier tour avec le peloton, ce qui était mon objectif.  Pour Chantale, ça c’est vraiment bien passé, elle a terminé 3ème.  Pour Zoé, c’est une autre histoire, elle est encore dans la fatigue de la course de WhiteFace, mais surtout des 130km qu’elle a fait le lendemain.  Elle finit la course courte, seule et dans la douleur, mais, quand même plusieurs minutes devant la dernière.  Je suis certaine qu’elle se reprendra sur la course sur route. 

C’est maintenant l’heure d’aller encourager les garçons!!!  C’est trois tours de 17.5 km qui attendent les Maitre A, où Sylvain prend le départ. Il n’a pas réussi à faire un tour complet avec le peloton, et a du travailler seul par la suite. Il termine les 52 km côteux en 1h36. Félicitations!  Pour Bertrand, c’est à peu près la même histoire, dans le premier tour il ne réussit pas à accrocher le peloton et doit terminer seul dans une chaleur intense.  Il arrive à la ligne d’arrivée en 1h41.   C’est l’heure d’un bon petit repas et du repos ou de la bière pour certain!!

Crédit photo: Martin Landry

Course sur route

Dimanche matin, 7h30, il fait déjà vraiment trop chaud. 112km et 1700 mètres de dénivelé nous attendent sous le soleil ardent.  Nous allons pouvoir compter sur l’aide de Martin, Nicolas et Sophie (elle et son copain partagent le chalet avec nous) pour nous ravitailler entre les kilomètres 70 et 76.  Les maitres A dont fait parti Sylvain sont les premiers à prendre le départ.  Mention spéciale ici à Sylvain qui en est à sa première course et qui se débrouille très bien!  Il se rendra jusqu‘au ravitaillement avec le peloton et travaillera vraiment fort par la suite pour rester avec celui-ci jusqu’à Joyhill qui le laissera terminer seul.  D’ailleurs, les bénévoles qui étaient dans la voiture derrière lui, aurait voulu lui remettre la médaille de la ténacité!!  Bertrand s’est retrouvé dans le 2ème départ avec les maitres B. Les premières côtes au 12km font déjà des ravages et il en fait parti.  Il termine la course avec un temps plus que respectable de 3h43. Félicitation Bertrand!   Vient ensuite le départ des filles qui sont groupés avec les maitres D (60 ans et plus) pour la course longue.  J’appréhende toujours les épreuves longues. La veille, Carole Vanier (championne du monde) me conseillait sur ma position dans le peloton et me disait quelles côtes surveiller. J’étais déjà stressée.  Je sais que Zoé est aussi stressée que moi par ce départ.  Petit fist bump et le départ est donné.  Je pense à ma position dans le peloton pour le 1er virage et la première séries de côtes (côtes de l’église).  Zoé, Chantale et moi on se tient proche les unes des autres. Ça me rassure et me force à continuer de pousser.  Woohoo!! On vient de passer les 3 bosses! Ça sera vallonneux avec une petite côte jusqu’à Frelishburg.  Chantale me dit : « Essaie de t’accrocher dans la côte de Frelishburg, après ça va être plat. »  Je me place pour la côte, oh là,là… je me fais dépasser des deux côtés, oups… milieu de la bosse, le peloton est déjà sur le top.  Je me retrouve avec un maitre D, je suis quand même super contente, j’ai fait 27 km avec le peloton et passé la première série de bosses. Mon objectif est atteint.  En route on ramasse un autre maitre D qui n’est plus avec le peloton. On roule, il fait chaud. Kilomètre 43, je vois Zoé au loin, quand on la rejoint elle me dit : «j’ai un flat». Déjà vu de Charlevoix. Cette fois-ci c’est un slow leak qui lui permettra tout de même de continuer pour un petit bout.  Elle me dit avec le sourire : « je suis restée pendant 40km dans le peloton! Et je suis sortie à cause de mon flat, pas mes jambes!!!»  Wow, elle qui avait les jambes complètement détruites la veille? Félicitation!!
 

Crédit photo: Martin Landry

On continue de rouler, mais c’est vraiment difficile, le vent de face, la chaleur qui frappe, les crampes imminentes, la fatigue de toutes ces courses.  On arrive au ravitaillement, nos hommes courent vers nous bouteille à la main.  Je mets le pied par terre pour ne plus le remettre dans mes pédales, je sais que le plus difficile reste à venir.  Je ne regrette pas ma décision, je serai juste plus en forme pour le reste de la semaine, et me battre pour la dernière place, bof.  Zoé la guerrière continue, mais nous demande de l’attendre en haut de JoyHill, qui ne nous donne de la joie seulement qu’à la descente parce que la monter n’est pas une partie de plaisir!!  En haut de la côte, elle met le pied par terre.  Sa course est terminée.  Nous nous rendons à l’arrivée pour accueillir Chantale qui est en plein dans la difficile et dernière montée de 4km, Maple.  De par sa performance, elle se mérite une 3ème place à la course sur route, mais également au classement général.  Bravo à Chantale, qui non seulement à gagner sa place sur le podium, mais qui a su aussi nous épauler dans chacune des courses.

Crédit photo: Robert Wilson

Encore une fin de semaine magnifique pour l’équipe CCCP pour qui chacun des coureurs a su trouver une petite victoire personnelle. Bertrand qui a égalé ses temps de l’an passé, Sylvain, qui à sa première course à vie, a su comment lire un peloton, Sandrine qui de course en course s’améliore, Zoé qui a tenu le peloton plus longtemps que jamais, Chantale qui une semaine après son demi-Ironman se retrouve sur le podium.  Tout ça, dans le plaisir et la camaraderie.  Merci à nos supers accompagnateurs qui nous ont applaudis toute la fin de semaine, Martin, Sophie et Nicolas.  Les routes étaient magnifiques, le beau temps au rendez-vous. Sutton, on se revoit l’année prochaine!

Whiteface uphill bike race 2014: la bête

publié le 27 juin 2014 à 09:07 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 27 juin 2014 à 09:11 ]

Zoé Vourantoni | 27 juin 2014

Zoé Vourantoni et Martin Landry

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Prendre la ligne de départ pour cette course n’était aucunement plus facile qu’à ma première édition en 2013. C’est réellement intimidant un parcours de 18 km dont 13 km en montée avec une moyen de 8%. Cette année, nous n’étions que deux de l’équipe CCCP, mais aucunement les seuls québécois! Un peu moins de 300 coureurs étaient au départ le 21 juin par un matin frisquet. Martin Landry s’inquiète d’égaler sa performance impressionnante de l’année dernière. Comme sa saison de vélo 2014 n’équivaut pas à sa préparation exemplaire de 2013. Selon moi, il a tout de même complété une course impressionnante en terminant 45ième. Bravo Martin. De mon côté, je croyais sincèrement ne pas être prête. Tout au long du parcours je me parlais : « ça va bien, garde ton rythme, fais ta course, c’est pas grave les autres ». Je voyais toutes les sections que j’avais trouvées interminable l’année dernière et je me répétais "ça va bien, continue". Et effectivement, ça va bien. Je sors ma danseuse souvent, je me sens forte et j’utilise plusieurs de mes vitesses plutôt qu’uniquement la plus facile; ce qui serait typique pour moi. Puis arrive les derniers kilomètres...

Je me fais dépasser dans la dernière section droite à un bon 11% par une fille qui a l’air d’avoir mon âge. Initialement, je me dis c’est pas grave fais ta course. Et hop quelques secondes plus tard, ma voix intérieur qui dit : « pas question qu’elle te pique une position! ». Alors, debout je vais la chercher et je prends sa roue et ce pour une bonne partie du « faux plat » avant la dernière section qui est plus abrupte. Tout le long je me demande quand attaquer, c’est pas souvent (en fait jamais) que je me retrouve dans une telle situation et la montagne je ne la connais pas bien. Après quelques minutes d’impatience fébrile qui me semblent interminable, j’attaque! Hélas trop tôt. Il en reste trop, vraiment trop et c’est vraiment trop pentu. Mais je rejoins un gruppetto et je les suis. Ma compétitrice ne semble pas enclin à faire pareil. Mais je me trompe! Dans le dernier tournant, elle nous passe large par la gauche. Elle ne veut pas se faire prendre sa roue. Moi, je suis prise derrière mon petit peloton. Mais non!!! Je ne te la donne pas. Debout à nouveau je baisse deux pignons et je pars à la chasse en me frayant un chemin parmi les gars. Je doute, mais je tiens. Je la dépasse, et j’attaque à nouveau. C’est encore plus abrupte. Je me questionne. Comment vais-je tenir le coup. Je suis contente d’avoir oublié mon cardiofréquencemètre à Montréal; sinon c’est certain, je craindrais une crise cardiaque en voyant le chiffre. Je pense aux mots encourageants de mon coach Jacob Dupont (vas-y, t’es capable de plus que tu penses) et d’un exercice d’intervalles particulièrement taxant avec une copine. Je tiens le coup. J’accélère et je termine avec un huit seconde d’avance sur ma rivale. J’apprendrai à la ligne d’arrivée qu'elle est québécoise. Alors, merci mademoiselle maillot Louis Garneau. Tu m’as poussé à plus que je n’aurais jamais cru possible. Je termine troisième des femmes 30-39 ans. Mon premier et possiblement mon seul podium à vie!



Des côtes et des côtes levées à Charlevoix

publié le 3 juin 2014 à 10:22 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 3 juin 2014 à 11:31 ]

Sandrine Quirion | 2 juin 2014

Vendredi soir, mon copain Nicolas et moi quittons Montréal après le boulot pour se rendre à Charlevoix pour le Grand Prix Cycliste. Dès notre entrée dans la dite région, je suis bouche bée devant la longueur et la raideur des côtes qui défilent les unes après les autres. Je ne me sentais pas prête, mais maintenant, j’ai la trouille!! Je me demande sérieusement ce que je suis venue faire ici… Une chose à la fois, on se repose et on verra demain.

Étape 1 : Contre-la-montre 15 km

Avant la première étape, je rejoins Zoé, Bertrand, Natacha et Alex, le mari de Nat qui sera le roadie de la fin de semaine. On se prépare pour le contre-la-montre de 15 km. Sur la ligne de départ l’ambiance est bonne, on croise des connaissances, on parle de vélo, etc… C’est l’heure de mon départ. Je suis beaucoup moins stressée qu’à Granby et je me dis juste que je dois pédaler fort. C’est parti!! Je croise Bertrand sur son retour; petit salut de la main. 1 km avant le demi-tour, Natacha, qui partait derrière moi, me dépasse et quelque minutes après, Pascale Legrand aussi. Quand je croise Natacha au retour, je l’encourage. J’espère que ça lui donnera l’énergie pour ne pas se faire rattraper par Legrand! Pour le retour, faut plat montant et vent de face me rendent la tâche difficile! La ligne d’arrivée est là et enfin je peux me reposer. On prend des nouvelles des coéquipiers. Zoé est à 30 secondes devant moi, Bertrand a battu son temps de l’an passé de 1 minute et Natacha est 3ème. On part se reposer et manger un petit quelque chose avant la deuxième étape qui est un peu plus tard dans l’après-midi.

Bertrand Huppé au départ du contre la montre


Étape 2 : L’Ascension 12 km

On se retrouve au départ de l’Ascension qui consiste à 8 km de plat et qui se termine par une montée de 4 km dont le premier ‘pitch’ est d'environ 16 à 18% sur près d’un kilomètre. On sent que ça ne sera pas une partie de plaisir... Le départ est donné et le peloton se tient tranquille jusqu’à la côte. Ça ne dépasse pas le 35 km / h, ce qui nous donne le temps d’avoir les jambes bien réchauffées avant "LA" côte. Et voilà, on y arrive, ouh lala… c’est vraiment raide!!! On a la chance d’être la dernière catégorie à partir et d’avoir vraiment beaucoup d’encouragements des autres coureurs pendant la montée. Je suis derrière le peloton mais je rejoins quelques juniors, que je dépasse. Je vois enfin l’arrivée. Les jambes me brulent!! J’ai droit à des encouragements dignes du Tour de France de la part de Nico qui court à côté de moi et cri comme un cinglé. Avec des encouragements comme ça, pas le choix, je dois finir ça debout!!! Rendu! Natacha est là pour me féliciter. Sa montée s’est relativement bien passée malgré les problèmes techniques. À dix mètres de la ligne d’arrivée la coureuse qui était dans sa roue sur les derniers 3km avait les jambes bien fraiches pour se sauver et prendre la place juste devant elle! Toute l’équipe est arrivée en haut et il est maintenant le temps d’aller se reposer pour la course sur route, ou de prendre une bière…

         
Natacha Migneault et Bertrand Huppé sur l'étape de l'Ascension

Étape 3 : Course sur route 100 km

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L’étape que je redoutais tant est arrivée. Je rejoins les filles sur la ligne de départ. Tout le monde est nerveux. On encourage les M3 à leur départ et on se prépare pour le notre. Je n’ai que deux objectifs pour cette course: rester dans le peloton au moins 15 km, et terminer la course. On part. Je me tiens près de Zoé. Ça me rassure! Ça roule bien et pas trop fort. 15 km, ! Je suis encore dans le peloton!! 19.1 km, première côte. Oups, je ne suis plus dans le peloton!! Nous sommes quelques unes dans cette situation. Je vois que Zoé est resté accrochée, et je suis fière d’elle! Je vois le peloton, mais je sais que l’écart s’agrandira à la prochaine côte. Deuxième côte, je vois que Zoé et une autre fille n’ont pas réussi à passer toute la bosse. Je m’efforce de les rattraper. Pendant que je pédale pour les rejoindre, la voiture de I'Am Gold (équipe d’Abitibi) passe à côté de moi en tirant deux petites juniors. Je profite de l’élan pour attraper Zoé. On fait un bon bout ensemble et elle a les jambes! On rejoint Raur de l’équipe Bikurious qui fait un bout avec nous, mais qui a un moment, reste derrière. Zoé me tire vraiment souvent et fort et je la ralenti même dans certaine côtes où elle doit me motiver «Enwoye Sandrine!!! Pédale!» Se faire crier après, ça fait pédaler vraiment plus vite!! Les côtes défilent les unes après les autres. Ça fait mal. Ça travaille le mental. Je regarde mon odomètre: 48 km de fait. Je me demande vraiment comment je vais faire pour me rendre à 100... Au kilomètre 52, Zoé me dit : « on dirait que j’ai un flat ». Je baisse les yeux, et oui, elle a un flat… La course est terminée pour elle. Grosse déception parce que je voyais qu’elle se sentait en super forme!! Je continue donc la route toute seule, sans la meilleure "helper" du monde. Je vois des cyclistes, au loin, grimper les côtes qui m’attendent aussi. Je continu à pousser. Je pense à Zoé et j’essaie de grimper fort parce que je sais qu’elle aurait aimer être là aussi. 15 kilomètres avant l’arrivée, je suis accompagnée de mon combo préféré: côte + vent. Je sais qu’il n’en reste plus pour longtemps. Je continu à forcer. 10 km avant l’arrivée: enfin!!! Je prend le virage, je lève les yeux et je vois une côte à 15%, nooooonnnnn!!! Il y a quelqu’un qui la monte en zigzag et je vois un maitre 3 (ou 4) qui la monte à pied. Ouch… ça va faire mal… Je ne pense plus, je ne fais que pédaler et espérer l’arrivée. Je me sens seule au monde. J’ai mal. Je sens que j’arrive au bout de mes ressources. Je vois la ligne d’arrivée au loin. Plus que quelques mètres. Je vois Nico qui m’attend. Je mets le pied par terre; c’est enfin fini. J’ai tout donné. J’ai juste envie de pleurer. C’est de loin le parcours de vélo le plus difficile que j’ai jamais fait de toute ma vie. Le Grand Prix Cycliste de Charlevoix est terminé. Natacha a une superbe place au pied du podium. Bertrand a vu des améliorations. Zoé a réussi à passer 2 bosses avec le peloton et à améliorer son temps de contre-la-montre. Ce fut une fin de semaine riche en émotions. Mon seul regret: ne pas avoir eu le temps de profiter du paysage!!!

Tous les résultats : http://www.velocharlevoix.com/resultats.aspx

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