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Championnat Canadiens 2015 – résumé des courses féminines

publié le 6 juil. 2015 à 11:45 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 6 juil. 2015 à 11:56 ]
Sandrine Quirion  | 6 juillet 2015

Cette année, les Championnats Canadiens ont lieu à Thetford Mines où une boucle de 20 km (au relief supposément plat, mais pas tant que ça finalement) a été déterminé pour le parcours de la course sur route. Je devrai faire quatre boucles, soit 80 km, pour compléter l’épreuve.  J’ai eu la chance de faire la reconnaissance la veille en compagnie de Sylvain et de Bertrand, je sais donc à quoi m’attendre.

Je prends le départ vendredi matin à 9h00 avec 14 autres femmes, dont 4 sont dans ma catégorie (Maitre E, 30 à 40 ans).  Le départ est lancé, j’essaie de me tenir dans le premier tier de notre mini-peloton qui n’offre pas beaucoup de protection contre le vent qui est omniprésent et qui le restera jusqu’à la fin de la course.  Des attaques sont lancées à plusieurs reprises et tout le monde se bat pour garder sa place.  Nous venons de compléter le 2ème tour, une autre attaque est lancée dans un faux-plat montant avec un vent de face, ça roule fort, je tiens bon, je sais qu’au chemin Caouette, qui est plus raboteux, ça se calmera. Ouf! Petit répit! Nous tournons sur le chemin du Golf qui est ce qui se rapproche le plus d’une côte dans ce parcours.  Une autre attaque sur le devant du peloton, ça explose de partout, le peloton est divisé en plusieurs petits groupes.  Certaines coureuses réussiront à se raccrocher au groupe de tête, mais je ne suis pas assez forte pour les rattraper, je me retrouve en fin de course avec deux autres coureuses, dont l’une qui est dans ma catégorie.  Il reste encore 28 km à parcourir avant la fin de la course.  Nous donnons tout afin de ne pas finir trop loin derrière le peloton de tête.  L’arrivée est enfin presque là, il me reste assez de compétitivité pour qu’à 3km de l’arrivée je parte seule devant, je ne voudrais quand même pas terminer dernière, je prendrai au final 30 secondes d’avance sur mon adversaire.  Mon honneur est sauf!  J’arriverai avec 4:15 de retard sur la gagnante. Ouin… il me reste du travail à faire.  J’apprendrai à la ligne d’arrivée qu’il y a eu une chute impliquant deux coureuses, qui heureusement, n’ont que des blessures mineures et qui ont pu terminer la course.  Je me compte donc chanceuse d’avoir terminer en fin de course et d’avoir pu ainsi éviter le pire!

Le vendredi après-midi c’est la course des Maitres B à laquelle Bertrand participe. C’est également sa dernière course, car il prend sa retraite des compétitions cyclistes! Félicitation à Bertrand! La bière sera bonne!  J’ai un jour de repos le samedi pour me remettre de cette épreuve.  J’en profite pour encourager Sylvain et Simon qui prendront part à la course sur route avec les Maitres A.

 

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Dimanche après-midi, 15h30, critérium féminins des Championnats Canadiens : 22 tours d’un circuit de 1.2 km.  Les catégories de femmes juniors et maitres courseront ensembles et les catégories Maitre E (30 à 40 ans) et maitre F (40 ans et plus) seront regroupées au classement pour la remise des médailles.  J’ai vu la course sur route des juniors féminines et je sais qu’elles sont fortes.  Petits papillons dans le ventre…  Le départ est donné et les filles s’élancent à fond de train sur le parcours.  L’ontarienne qui remportera la 3ème place, lance des attaques féroces sans arrêt.  J’ai bien beau essayé de remonter dans le pack je n’y arrive pas.  Déjà, après seulement 8 tours, je me fait larguer. Ouf, c’est dur sur le moral! Pas grave, je continu le plus fort possible.  À chaque tour j’entends les encouragements de Bertrand et je me rappelle qu’avant de partir il m’a dit ‘Go hard or go home.’  Je choisi Go hard.  Avec 5 tours à compléter, je me fait doubler par le peloton.  - (Contrairement au critérium régulier, puisqu’ici les maitres Femmes et les juniors sont regroupés, mais que le classement est séparé, même si le peloton double une coureuse de catégorie maitre, celle-ci reste dans la course jusqu’au dernier tour. Par contre, elle ne doit pas interférer avec la course des juniors. ) - Je me place donc sagement en queue peloton et je rejoins une autre maitre qui elle aussi s’est fait doubler. Je remarque qu’il ne reste qu’une seule maitre (sur quatre) dans le peloton qui n’a pas lâchée, donc, j’ai encore une chance d’arriver deuxième!  La fille qui était avec moi se fait larguer une 2ème fois par le peloton et je la vois loin derrière. Je tiens le coup, 2 tours à faire, je vois Leslie devant, mon adversaire pour la deuxième marche du podium.  Je finis par la rejoindre au dernier tour. Nous nous regardons et nous savons que ça se finira au sprint. (yé!) Nous accélérons pour prendre le dernier virage qui est à environ 125 mètres de l’arrivée, juste avant de tourner changement de vitesse,  j’ajoute des dents pour l’attaque finale.

À la sortie du virage je suis déjà debout sur mon vélo, nous sommes côte à côte je pousse de toutes mes forces, je lance un cri digne d’une joueuse de tennis à la ligne d’arriver.  Il nous faudra attendre la ‘photo finish’ pour savoir que j’ai remporté ce sprint me hissant sur la deuxième marche du podium. 

Encore une course remplie d’apprentissage et de ‘notes à moi-même’. 


Je termine avec ce conseil à toutes les femmes qui aimeraient faire de la course, mais n’osent pas.  L’année dernière, j’étais très loin du podium, je n’ai pas terminé toutes mes courses et j’étais souvent très loin du peloton et seule.  Persévérance et entrainement m’ont permis de m’améliorer, mais aussi tous les conseils des autres femmes qui couraient avec moi, car l’expérience est ce qui améliore le plus les performances.  Il y a une belle solidarité et complicité entre les maitres femmes dans le circuit de course féminine au Québec.  Par contre, il y a de moins en moins de femmes qui participent aux courses dans la catégorie maitre, souvent par peur de ne pas être assez bonnes.  Je vous encourage toutes à en faire l’essaie pour que le sport cycliste et les courses continuent d’exister.  Oui, c’est difficile, oui il y a parfois des chutes, mais pas plus que dans une cyclo-sportive ou même une randonnée de club.   Si vous êtes le moindrement compétitive, vous vous relèverai, vous vous entrainerez fort et vous adopterez ce sport merveilleux.