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Whiteface uphill bike race 2014: la bête

publié le 27 juin 2014 à 09:07 par Club Cycliste Cycle Pop   [ mis à jour : 27 juin 2014 à 09:11 ]
Zoé Vourantoni | 27 juin 2014

Zoé Vourantoni et Martin Landry

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Prendre la ligne de départ pour cette course n’était aucunement plus facile qu’à ma première édition en 2013. C’est réellement intimidant un parcours de 18 km dont 13 km en montée avec une moyen de 8%. Cette année, nous n’étions que deux de l’équipe CCCP, mais aucunement les seuls québécois! Un peu moins de 300 coureurs étaient au départ le 21 juin par un matin frisquet. Martin Landry s’inquiète d’égaler sa performance impressionnante de l’année dernière. Comme sa saison de vélo 2014 n’équivaut pas à sa préparation exemplaire de 2013. Selon moi, il a tout de même complété une course impressionnante en terminant 45ième. Bravo Martin. De mon côté, je croyais sincèrement ne pas être prête. Tout au long du parcours je me parlais : « ça va bien, garde ton rythme, fais ta course, c’est pas grave les autres ». Je voyais toutes les sections que j’avais trouvées interminable l’année dernière et je me répétais "ça va bien, continue". Et effectivement, ça va bien. Je sors ma danseuse souvent, je me sens forte et j’utilise plusieurs de mes vitesses plutôt qu’uniquement la plus facile; ce qui serait typique pour moi. Puis arrive les derniers kilomètres...

Je me fais dépasser dans la dernière section droite à un bon 11% par une fille qui a l’air d’avoir mon âge. Initialement, je me dis c’est pas grave fais ta course. Et hop quelques secondes plus tard, ma voix intérieur qui dit : « pas question qu’elle te pique une position! ». Alors, debout je vais la chercher et je prends sa roue et ce pour une bonne partie du « faux plat » avant la dernière section qui est plus abrupte. Tout le long je me demande quand attaquer, c’est pas souvent (en fait jamais) que je me retrouve dans une telle situation et la montagne je ne la connais pas bien. Après quelques minutes d’impatience fébrile qui me semblent interminable, j’attaque! Hélas trop tôt. Il en reste trop, vraiment trop et c’est vraiment trop pentu. Mais je rejoins un gruppetto et je les suis. Ma compétitrice ne semble pas enclin à faire pareil. Mais je me trompe! Dans le dernier tournant, elle nous passe large par la gauche. Elle ne veut pas se faire prendre sa roue. Moi, je suis prise derrière mon petit peloton. Mais non!!! Je ne te la donne pas. Debout à nouveau je baisse deux pignons et je pars à la chasse en me frayant un chemin parmi les gars. Je doute, mais je tiens. Je la dépasse, et j’attaque à nouveau. C’est encore plus abrupte. Je me questionne. Comment vais-je tenir le coup. Je suis contente d’avoir oublié mon cardiofréquencemètre à Montréal; sinon c’est certain, je craindrais une crise cardiaque en voyant le chiffre. Je pense aux mots encourageants de mon coach Jacob Dupont (vas-y, t’es capable de plus que tu penses) et d’un exercice d’intervalles particulièrement taxant avec une copine. Je tiens le coup. J’accélère et je termine avec un huit seconde d’avance sur ma rivale. J’apprendrai à la ligne d’arrivée qu'elle est québécoise. Alors, merci mademoiselle maillot Louis Garneau. Tu m’as poussé à plus que je n’aurais jamais cru possible. Je termine troisième des femmes 30-39 ans. Mon premier et possiblement mon seul podium à vie!